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Je considère que la plus grande décennie musicale est les années 80. Ça c'est dit. Je considère aussi que l'industrie musicale a atteint son apogée au milieu des années 90. Ça c'est dit aussi. Maintenant, je vais argumenter un peu et vous livrer ma vision très personnelle de l'histoire de la musique.

Années 80 : le must !

Je vois les années 80 comme le point de convergence entre deux mouvements de fond : d'une part venant du passé, la musique faite avec des vrais instruments, électrique ou non, je pourrais même dire la musique des musiciens ; d'autre part allant vers le futur, la musique faite avec des machines, ce qu'on appellera plus tard fort injustement "musique électronique". Ce changement dans la façon de faire de la musique fait mourir certains courants musicaux et en fait naitre d'autres.

Tout d'abord, c'est le déclin progressif de la disco. Mais en fait, s'agit-il vraiment d'un déclin ? Non, je ne pense pas. C'est un déclin commercial certes, mais la musique disco évolue lentement et se mue en un courant musical important qui prend racine à Chicago, Illinois : la house music. Car pour moi, la house music est la fille naturelle de la disco et il suffit d'écouter les derniers titres disco et les premiers titre house pour s'en rendre compte.

Avec les années 80 arrivent aussi les synthétiseurs qui envahissent même la pop music, permettant des créations jusque là jamais entendues. La musique la plus caractéristique de cette époque est pour moi Sweet Dreams d'Eurythmics en 1983, un de mes must. La révolution se poursuit petit à petit et l'électronique rentre dans la sphère des musiciens. Mais dans les années 80, peu sautent le pas complètement.

Cette révolution permet l'apparition d'un autre grand courant dans les faubourg de Detroit, Michigan : la techno. Pas si éloignée de la house music à ses débuts, elle s'en est détachée petit à petit, par une utilisation poussée de la technique, de l'ordinateur et des divers machines musicales l'entourant, pendant que la house en restait au bonnes vieilles recettes simplement mises au goût du jour.

Évidemment, d'autres courants sont apparus et ont disparu mais ils ne m'influencent pas autant que ceux dont je viens de parler.

Années 90 : la chute (de l'industrie) !

La musique électronique se démocratise complètement dans les années 90. C'est le début de la fin de la création musicale. Après les années 90, on n'inventera plus rien à part le remix, ou le réchauffé devrais-je dire.

Un courant marque très bien, je trouve, cette limite entre la fin de la pure création et le début de l'ère du n'importe quoi marketté : la dance music. J'étais ado à l'époque et j'ai encore en tête les hits absolu de 2 Unlimited (No One, No Limit, The Real Thing), Masterboy (Feel The Heat Of The Night, I Got To Give It Up) Cappella (U and Me), Corona (Baby Baby, Haddaway (What Is Love), Dr Alban (Sing Hallelujah !) ou encore Real 2 Real (I Got To Move It) ! On savait que c'était marketté, mais il y avait encore un semblant de créativité sur des schémas musicaux utilisés à outrance.

Ensuite, c'est la chute, le marketting prend le pas sur la créativité. À partir de là, la soupe. Ça commence avec le phénomène des boys band et ça ne s'arrêtera plus jamais. Combien de remixes de merde entend-on chaque jour sur nos radios ? De la soupe, en veux-tu, en voilà ! C'est plat, c'est triste, ça n'a aucune saveur.

Pendant ce temps là, derrière les projecteurs, la techno poursuit son bonhomme de chemin et les années 90 nous permettent de voir l'explosion de ce courant. C'est la décennie de Laurent Garnier (Crispy Bacon, Flashback), de Jeff Mills (The Bells), des Daft Punk (Around The World, Rock'n'Roll, Rollin' & Scratchin'). Les grand DJ se dévoilent enfin : Richie Hawtin, Luke Slater, Dave Clarke, sans oublier l'immense Carl Cox.

La techno devient à jamais un courant muscial à part entière, au même titre que le jazz par exemple (l'exemple n'est pas anodin). Certes très décriée dans ses formes extrêmes (Hard-Tek, Hardcore) pour des raisons autre que musicales, elle génère un nombre de fans restreints mais toujours fidèles.

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